Argh·Le quotidien

Une fleur pour Maëlys*

Camélias magnoliaCe matin il fait beau et il n’y a pas trop de vent.
Ce matin nous sommes (presque) dans les temps.
Ce matin je n’ai pas besoin d’aller à l’agence pour travailler.

Alors, Ririe, Fifi et moi partons à pied pour l’école. C’est une marche d’une quinzaine de minutes. L’occasion de commencer tranquillement la journée en papotant sur le chemin. Un enfant à chaque main (plus par envie que réel besoin), nous avançons de front dans les rues du quartier.

Il fait frais, mais le printemps se voit déjà. Les premiers boutons apparaissent sur les azalées, les hortensias montrent leurs premières feuilles, les tulipes sortent de terre. Narcisses, camélias et magnolias sont en pleine floraison. A chaque fois que je les vois, et ils sont nombreux, je suis heureuse de vivre en Bretagne.

 

A un coin de rue, un vieux camélia rouge perd ses fleurs : elles sont tellement grosses et lourdes qu’elles tombent avant maturité. Mes deux enfants ramassent chacun une fleur. Ririe pour sa maîtresse, Fifi pour son ATSEM qui lui est revenue.

Maëlys a été absente depuis les vacances. Cinq longues semaines sans elle. Fifi était tellement triste que nous avons été voir la directrice de l’école ensemble pour savoir quand elle reviendrait. Lundi matin, elle était là, dans la classe. Le sourire de Fifi était plus grand que le soleil.
Elle lui a manqué Maëlys. Ses yeux doux, sa gentillesse. Elle est toujours souriante… sauf quand elle gronde. Elle donne des supers gouters. Elle met de la musique douce pour la sieste. Elle est toujours présente quand on a un gros chagrin. Elle fait des câlins Maëlys. Elle joue aussi. Elle aide pour faire la peinture. Elle est toujours là quand il y a un bobo
.
Depuis son retour, il a envie de lui faire un cadeau pour lui dire à quel point elle est précieuse. Alors, ce camélia il ne sera pas pour la maîtresse. Il sera pour la Maëlys.

 

Fifi tient précieusement dans sa main son trésor. Nous reprenons le chemin de l’école. Mes enfants marchent tranquillement bavardant avec moi. Leurs fleurs sont les plus belles de la terre.  Plongés dans notre conversation, nous sursautons quand Monsieur-Mon-Mari klaxonne en nous dépassant. Au volant de sa petite voiture, il est en retard pour aller chez la nounou.

Ririe, Fifi sont tout contents de voir leur père, ils lui font coucou de la main…. Et le camélia de Fifi tombe. Mon fils ramasse sa fleur.  A son grand désespoir, elle se coupe en deux, commence à se disloquer pétale par pétale.

 

Interdit, l’enfant cherche à remettre les morceaux ensemble, les serre dans sa main : peut-être que la magie va permettre de refaire une belle fleur ? A ses côté, l’indigne mère que je suis n’a pas vu la catastrophe, elle continue d’avancer. Les larmes dans les yeux, Fifi pousse un cri. Surprise, je le regarde. Ririe comprend tout de suite le problème. Nous voyons les pétales qui tombent des mains de Fifi totalement catastrophé.

De grosses larmes coulent, roulent sur ses joues. Pas grand-chose à faire pour la fleur, alors je lui le serre dans mes bras pour tenter de le consoler par un câlin. Puis nous reprenons notre marche vers l’école.

Mon fils sanglote en silence. Mon cœur de maman a mal. Je lui serre fort la main, cherchant une solution. Hasard ou destin, une dame sort de chez elle pour ramasser son « Télégramme » (journal local) du matin. En chausson et robe de chambre, les cheveux blancs mi longs, elle a l’air avenant. Dans son jardin se trouve un gros, un magnifique camélia rouge, gorgé de fleurs.

Je demande à mes deux enfants de rester sur le trottoir, traverse la route au pas de charge, interpelle la femme.
– «Madame, s’il vous plaît, est ce que vous auriez la gentillesse d’offrir une fleur à mon fils pour son ATSEM ? La sienne s’est cassée et il en est catastrophé».
La femme s’arrête, me regarde vaguement surprise, voit mes deux enfants sur le trottoir d’en face. Ma puce en bleu l’air étonnée, mon Fifi en larmes. Elle me fait un grand sourire.
– « Mais bien sûr, je vais lui donner ma plus belle fleur ! »

Elle va jusqu’à son arbre, cueille une magnifique fleur rouge, avec sa tige. Me la donne. Je la remercie vivement, traverse la route pour rejoindre mes petits. Le visage humide de ses larmes, l’air incrédule, Fifi prend la tige dans sa main. Ses grands yeux clairs brillent. Trop réservé pour lui crier « merci », mon fils fait coucou de la main et un beau sourire à la dame.

Il va pouvoir donner sa fleur à Maëlys, lui dire ainsi qu’elle Elle lui a manqué. Ses yeux doux, sa gentillesse. Elle est toujours souriante Maëlys… sauf quand elle gronde. Elle donne des supers gouters. Elle met de la musique douce pour la sieste. Elle est toujours présente quand on a un gros chagrin. Elle fait des câlins Maëlys. Elle joue aussi. Elle aide pour faire la peinture. Elle est toujours là quand il y a un bobo.

C’est décidé : quand il sera grand, il se mariera avec Maëlys!

 

*Le prénom a été changé

Un commentaire sur “Une fleur pour Maëlys*

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