Argh·Le quotidien

C’est quoi cette odeur ?

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Dimanche, 16h30.

Monsieur-Mon-Mari stoppe la voiture, coupe le moteur. « Home Sweet Home ! » Partis pour trois jours, nous sommes d’autant plus ravis d’arriver que les enfants n’ont pas dormi dans la voiture… En un peu moins de 2h30, ils ont eu le temps de se disputer, jouer aux petites voitures, lire et écouter un disque de Henri Dès 3 fois d’affilé. Bref, qu’il est bon d’arriver chez soi après un  weekendau bord de la mer !

Comme souvent, je descends la première de la voiture. J’avance jusqu’à la maison qui semble à la même place qu’il y a 3 jours. Je déverrouille et ouvre la porte. Une vapeur acre s’échappe du hall d’entrée, accroche mon odorat.

« C’est quoi cette odeur ? »

Méfiante, je rentre dans notre logement. Le désordre ambiant semble intact. Personne n’a dérangé nos affaires en notre absence (ni rangé, dommage). Je fais le tour du rez-de-chaussée, vaguement inquiète. Dans la cuisine, le couvercle de la poubelle est basculé, elle est à moitié ouverte. Je le referme prestement, entrebâille la fenêtre pour aérer. Monsieur-Mon-Mari est déjà dans le hall avec les premiers bagages. Les enfants se faufilent entre ses jambes, manquent de le faire tomber. Il est grand temps de nourrir les fauves.

beurk.jpgLundi, 17h

De retour de l’école. Ririe et Fifi sortent en trombe de la voiture, se précipitent sur la porte d’entrée de la maison dont ils agitent frénétiquement la poignée. Chacun d’eux veut être « celui qui l’ouvre ». Je les rejoints en tenant Loulou par la main pour l’aider à monter les marches du perron. Je déverrouille. Je maintiens par l’épaule un de mes deux aînés pour que l’autre (dont c’est le tour) puisse ouvrir seul la porte. Mes trois enfants se précipitent.

« Maman ! Cela ne sent pas bon ! »

En effet… c’est le moins que l’on puisse dire… Une odeur de pourriture, comme si de la viande avait faisandé quelque part. Sauf que de la viande, on n’en a pas chez nous. Le couvercle de la poubelle est bien fermé. Mais Monsieur-Mon-Mari a mangé des crevettes hier soir… serait-ce les carcasses ? J’ouvre la poubelle… pas de sac de poissonnerie…

Tour rapide de la cuisine, j’inspecte sous les meubles (un camion de pompier, deux crayolas, trois magnets…), derrière le congélateur, dans le réfrigérateur. Rien. Je referme le frigo, attrape la courge dans la cagette « à légumes d’hiver divers » posé dessus pour préparer le dîner. A côté de la cucurbitacée, un chou-fleur me regarde. Je n’ai pas envie de chou-fleur.

Deux heures plus tard, quand Monsieur-Mon-Mari arrive enfin, alors que les trois enfants sont au dîner, sa première phrase, avant un quelconque salut, est bien évidemment : « Qu’est ce qui sent comme cela ? » Il voit les assiettes remplies de purée orange et grimace, certain qu’il s’agit de la source du problème. Je lui fais un grand sourire pour lui annoncer qu’il aura du gratin de courge au dîner.

ca-pu-ou-c-est-moi-91719Mardi, 17h15

Ririe est à la danse. Fifi et Loulou sont derrière moi quand je pénètre dans la maison, non sans une certaine appréhension.

L’odeur est plus forte qu’hier.

« Il y a un cadavre quelque part ?! »

Pas le temps de m’en soucier. La baby-sitter sera là pour 19h et la maison est en désordre. Il reste donc 1h45 pour ranger et nettoyer. Sinon la jeune femme va repartir en courant et Monsieur-Mon-Mari et moi ne pourront pas aller au spectacle !

Passage en mode tornade blanche, je mets mes fils en pyjama tout en rangeant les chambres et balayant (voir mon avatar dans la page «à propos»). Dès son arrivée avec Ririe, Monsieur-Mon-Mari s’enquille la vaisselle et le rangement du séjour pendant que je masque «l’odeur de mort» en faisant chauffer une boite de haricots verts pour le diner des enfants (chauffez les haricots dans un peu d’huile d’olive, ajoutez un peu d’ail et hop, le fumet douteux est couvert par les odeurs de nourritures. Ne pas allumer la hotte. Peut fonctionner aussi avec de l’ognon*).

18h58. La baby-sitter ne semble pas grimacer en entrant chez nous… à priori elle n’a rien remarqué d’autre que les effluves d’ail breton. Ouf, nous pouvons aller au spectacle.

23h. Sur le chemin du retour, après un beau show à l’américaine, nous nous interrogeons sur l’origine de l’odeur (avec les enfants le glamour a quitté définitivement notre vie de couple). Faisant mentalement le tour de tout ce qui peut sentir chez nous, nous réalisons que, contrairement à d’habitude, il y a des couches « grosse commission » dans la poubelle de la cuisine.

Quelques minutes plus tard, en pénétrant dans la maison, Monsieur-Mon-Mari me regarde l’air inquiet… Comme lui je me demande comment un petit bout de deux ans peut faire des déjections aussi agressives pour nos odorats. Nous rémunérons la baby-sitter (en priant Ste Rita pour que ses vêtements ne soient pas imprégnés olfactivement), puis Monsieur-Mon-Mari vide et sort toutes les poubelles de la maison.

C-est-quoi-cette-odeur-

Mercredi, 12h10

Retour de chez la nounou, seule avec Loulou.

« AHHHHHH !!! C’est quoi cette odeur ??!!?? »

Mesure d’urgence : j’ouvre tout en grand. Une heure plus tard, après avoir couché Loulou, j’ai du temps. Il faut trouver : personne ne pouvant rester indéfiniment en apnée dans sa propre maison, c’est une question de survie.

Tels Colombo, Sherlock Holmes et Fantomette réunis je mène méthodiquement l’enquête. La salle de bain, les chambres et les sanitaires sont rapidement mis hors de causes. Un temps suspecté, le séjour échappe à la mise sous scellé de peu, les bouts de pain durs de Loulou retrouvés sous le canapé n’ayant pas d’odeur tenace.

Hum…
ou plutôt, j’hume.

Bien que la fenêtre soit entrouverte, il semble que l’odeur soit plus perceptible dans la cuisine que dans le reste de la maison.

Nez en l’air tel un fin limier, je flaire méthodiquement les plans de travail, inspecte de nouveau sous les meubles : tiens, la râpe à fromage, une petite voiture et des couvercles de boites plastiques (oui, tout cela en deux jours). Satisfaite d’avoir récupéré ma râpe sans avoir eu besoin de la chercher, je la pose dans l’évier…

L’odeur semble moins forte de ce côté de la pièce.

Retour vers le meuble vitré sous lequel se trouvait mon outil. Je sens que j’approche du foyer infectieux. A côté du meuble, le réfrigérateur et le congélo. J’ouvre la porte du frigidaire.

« Ah AHHH ! »

Un citron pourrit me nargue, dans sa soucoupe. Monsieur-Mon-Mari l’a probablement rangé sur le devant, la vie s’est chargé de le pousser au fond de la tablette où il a lentement entamé sa décomposition. Avec précaution (ne pas toucher la moisissure avec les doigts, ne pas toucher la moisissure avec les doigts) je sors la soucoupe et le citron.

51Y44YK4N4LMais un citron, même tout vert de moisit, cela ne sent pas mauvais : retour à la case départ.

Je renifle l’intérieur de mon réfrigérateur… Ce n’est pas lui le coupable. il a besoin d’un bon coup de nettoyage, mais il ne sent pas mauvais. Je ferme la porte de l’appareil et renouvelle l’opération avec le congélateur, par acquis de conscience. L’odeur est très forte, mais elle ne vient pas de ses compartiments.

Fermant la seconde porte, en pleine réflexion, mon regard passe sur le dessus des appareils de froid. Quel désordre ! Il y a des boites métalliques vide, la réserve de lait et de boisson à l’avoine, l’orchidée qui ressuscite tous les automnes et… la cagette « à légumes d’hiver divers ».

C’est là que j’ai compris.

Soulevant le carton avec mille précautions, je découvre une décomposition en cours de chou-fleur.

Ses feuilles vertes fripées, ses bouquets blancs grisonnants… Il me regarde, agonisant, me suppliant de mettre fin à son supplice de brassicacée**. Les bras m’en tombent. Prenant mon courage à deux mains, je tends l’une d’entre elles (l’autre n’a jamais pu) vers le légume, l’attrape. Mes doigts s’enfoncent dans les fleurs blanchâtres avec un petit bruit de sucions… j’ai mal au nez, j’ai mal au cœur. De près, le pauvre chou-fleur fait pitié. Bien que nous soyons contre le gâchis, j’ai doucement été le jeter dans la poubelle à végétaux que j’ai sortie de la cuisine/de mon habitation.

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Quelques heures plus tard, lorsque Monsieur-Mon-Mari est rentré à la maison après une dure journée de labeur, sa première phrase, avant un quelconque salut, a été :

« C’est quoi toutes ces mouches dans le jardin ? »

* Mon premier tutoriel sur mon blog… Pas gracieux mais efficacité prouvée !

** Et hop un nouveau mot ! le chou fait partie des brassicacées et si le « bras s’y cassé », le bras risque de tomber (Pardon, je n’ai pas résisté au jeu de mot)

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10 commentaires sur “C’est quoi cette odeur ?

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