Le quotidien·Logistique

Voyage en gun

Soir de semaine, 17h30, le verdict tombe : le Tank est au bord de la panne et c’est grave… le cœur est touché, il peut lâcher à tout moment si on continue de le solliciter. Un pontage d’une journée classique devrait résoudre le problème, l’opération est envisageable avant la semaine prochaine.
La larme à l’œil, le portefeuille déjà en berne, je regarde le mécanicien. « Est-ce que vous pensez qu’il serait possible de soigner le malade demain dans la journée »
Non. Pas possible. Planning surchargé toussa toussa, pont qui arrive toussa toussa, mais « on trouvera une place dès lundi prochain pour le Tank »

Okay.
Sauf que demain soir nous avons prévu de partir à la mer à 226km de la maison et qu’il est hors de question d’annuler.
Qu’importe, le Tank va se reposer… et on ira à Saint Malo avec la 206, surnommée « Gun »

3 enfants en 3 ans Gun chapeau

Je vous vois venir : « 3 enfants dans 3 sièges dans une Peugeot 206, ce n’est pas possible ! »

Avant c’est ce que je pensais, mais cela c’était avant. La loi autorise -si la voiture est une cinq places et qu’il n’y a pas possibilité de mettre 3 sièges auto- de mettre le 3eme enfant, -âgé impérativement de plus de 3 ans-, au milieu de la banquette, sans siège, à la condition qu’il porte convenablement la ceinture. Les copains de Sécurange ne sont absolument, totalement, vindicativement contre l’idée. Théoriquement, je suis d’accord avec eux pour penser que ce n’est pas bien, que c’est potentiellement dangereux pour mon enfant toussa toussa*.
Cependant, nous n’avons pas les moyens financiers d’investir dans un second tank. Donc, notre nichés au complet voyage dans le Tank et Gun, muni d’un rehausseur et d’un siège auto 2/3 fait les navettes avec un ou deux enfants. Objectivement, les occasions pour que les 3 enfants soient en même temps dans la petite voiture se comptent sur les doigts d’une main et ne concernent que des trajets locaux. Mais nous sommes quand même, Monsieur-Mon-Mari et moi, des parents indignes et totalement inconscients, c’est noté.

Oui mais il va falloir trouver une solution.

Parce que, je me répète, hors de question pour nous d’annuler le weekend ! Alors le lendemain, j’ai eu une conversation en tête à tête avec Gun. Elle m’a regardé, a hoché son rétroviseur en signe d’assentiment. Le siège bébé 2/3 est passé au milieu, et j’ai pu caser un rehausseur (à dossier) de chaque côté. Une fois le bazar les sièges auto répondant aux normes de sécurité européenne en place, caser les valises pour 4 jours/5 personnes, la glacière et les vestes dans le coffre a été un jeu d’enfant (Tétris, vous connaissez ?).

« Non mes chéris, on ne prend pas les vélos cette fois ».

Tout rentre dans le tank (je profiterais de la pause du blog, en aout, pour vous le prouver en photos), alors pas simple pour eux d’imaginer laisser le vélo ou les poussettes des poupées à la maison.
La perspective d’un weekend avec les cousins a coupé court aux revendications vélocipédiques. Nous voilà tous bloqués bouclés dans la 206. Monsieur-Mon-Mari étant à l’article de la mort (angine rouge, en vrai c’est pas beau à voir et les médocs interdisent la conduite), c’est moi qui prend le volant.

3 enfants en 3 ans Gun Coffre

Jeune et libre dans ma voiture de célib’

Je vous l’ai raconté, cette voiture était la mienne jusqu’à ma seconde maternité. A l’époque son habitacle, ses tapis de sols et ses immaculés sièges de velours étaient exempts de la moindre poussière. Depuis que Monsieur-Mon-mari l’utilise pour transporter la marmaille le matin, elle est un peu plus remplie, mais reste nettement moins encombré que le tank. Du coup, au volant, j’ai l’impression, une fois n’est pas coutume, de conduire une voiture d’adulte : Pas de disque de Marlène Jobert, pas de miette de gouter collé au tableau de bord, et une chaine hifi avec des basses qui dépotent.

Le plaisir de conduire ma punchy petite voiture est immédiat.

Il dure jusqu’à la première grande côte : à cinq plus les bagages, visiblement elle a plus de mal que le Tank. En haut de la côte en question les premiers « Pipi ! J’ai besoin de faire pipi ! » fusent. Heureusement que j’avais exigé le pipi du départ de chacun de ceux qui ne portent pas de couche. Première pause au sommet de la colline, à l’entrée d’un lotissement. L’enfant en question vide sa vessie pendant que son père fulmine et sue à grosses gouttes sur le siège passager.
Second enfant veut aussi faire Pipi sur le bord de la route. Blasé, Monsieur-Mon-Mari le délivre de sa ceinture et il vagabonde les fesses à l’air sur le petit chemin (l’enfant, pas le mari). Un quart d’heure plus tard, j’ai réussit à avoir de nouveau tout le monde assis et ceinturé dans la voiture. Monsieur-Mon-Mari transpire de fatigue et d’énervement. Faisant semblant de ne pas remarquer, je démarre. Assez vite, nous sommes sur la voie rapide en direction de notre weekend à la mer. Tranquillement, Gun monte en vitesse, jusqu’au 110km/h autorisés.
Et là, je découvre un nouveau monde. En 220km de voie rapide, nous avons eu le droit à plusieurs queue de poisson, nous nous sommes fait déboiter à quelques centimètre de l’aile avant droite, et n’oublions pas le petit coup de klaxon qui va bien parce que je n’ai pas démarré comme une balle quand le feu est passé au vert.

Découverte : la taille compte

Ma façon de conduire ne changeant pas d’un véhicule à l’autre, ni ma vitesse de conduite, je n’ai qu’une seule hypothèse possible : l’imposant Tank oblige les gens à respecter certaines règles du code de la route dont ils s’affranchissent lorsqu’ils sont face à une plus petite voiture.
Pour valider cette hypothèse, Monsieur-Mon-Mari a prit le volant au retour… Phénomène quasiment identique.
On va éviter de faire des conclusion sur le comportement des conducteurs…

Et vous, comment voyagez vous ?

 

3 enfants en 3 ans Gun intérieur1

 

*Toussa toussa : non, je ne suis pas sujette à une toux particulière en écrivant cet article… j’ai choisit de résumer les longues argumentations pour que vous ayez le cœur/le temps de me lire jusqu’au bout.

4 commentaires sur “Voyage en gun

    1. Il va beaucoup mieux. Il a reprit la route vaillamment avec un embrayage et des tas de pièces neuves.
      Le truc de ouf, c’est que le thermomètre de la voiture qu’il fallait encore réparer (déréglé, il rendait folle la climatisation) refonctionne depuis la canicule de la semaine dernière !!!

      J'aime

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