Argh·Le quotidien

Le harcèlement .

dims

Moi aussi

Il parait qu’il faut écrire ‘moi aussi’ si on a été victime de harcèlement…
Au vu du tableau ci dessus, j’ai aussi été victime d’agression.

La première fois dont je me souvienne clairement, j’avais 8/9 ans je rentrais de l’école… le monsieur se masturbait dans sa voiture, vitre ouverte et m’a interpellée. Je n’ai pas du tout comprit ce qu’il faisait, mais j’ai pris quand même mes jambes à mon cou.

Plus tard il m’arrivait de traverser une partie de la forêt pour aller plus vite au collège. J’ai eu deux trois belles frayeurs, à chaque fois seule et sans personne d’autre en vue que l’homme surgit brusquement qui me proposait toutes sortes de choses allant de me toucher les seins (que je n’avais pas encore, à mon grand désespoir) à un rapport sexuel dans le sous-bois. Avisés, mes frères m’ont formellement interdit de prendre seule le chemin par le bois. Même de jour. Même s’il fait beau.

chef berührt mitarbeiterin unsittlichQuand j’ai commencé à travailler, il y a eu cette entreprise ou l’un des supérieurs mâtait ‘aimablement’ les décolletés et se frottait la braguette en permanence. Sur ce coup-là je m’en suis tiré à bon compte car il avait la réputation de ne pas s’arrêter au reluquage.
L’ancien dirigeant de la même entreprise avait une réputation de lubrique. Mes collègues, (dont on passera les nombreux propos limites que je faisais semblant de trouver drôle), m’en parlaient de temps en temps pour souligner la chance que nous avions de n’avoir maille à partir qu’avec le chef qui sentait la soupe (soupe de légumes type poireaux, je vous assure que je n’invente rien dans cet article).
Jusqu’au jour j’ai vu l’homme en personne. Il est venu en visite à l’entreprise, saluer son repreneur. Mes deux collègues féminines ont commencé à trembler (littéralement) quand elle l’on su présent dans les locaux. La plus ancienne, qui avait travaillé pour lui plusieurs années, s’est plainte immédiatement de maux de têtes, de nausées. Elle n’était plus présente quand il est entré dans notre bureau d’étude. C’était il y a 16 ans… Je ne me souviens pas clairement du visage de cet homme. Par contre, je n’ai pas oublié on regard clair qui me faisait me sentir sale.
A l’époque, les remarques déplacées sur la forme d’un postérieur, les demandes de jupes courtes ou de décolletés n’étaient pas ce qui préoccupait le plus le personnel. Ce semblant de harcèlement sexuel n’était que de la rigolade comparé à l’ambiance installée dans l’ensemble de l’entreprise. Ce qui était grave, qui a eu pour certains des conséquences dramatiques, est que la grande majorité du personnel était harcelée, jusqu’à, (je ne l’ai appris que des années plus tard) l’épouse du dirigeant qui gérait le service comptable.

On appelle cela le harcèlement moral.

l6t63gvbC’est insidieux, une infusion permanente qui nous entraîne de façon quasi inconsciente vers le fond.
Cela vous rend vulnérable, peu réactif face à des remarques déplacées, voire inacceptables.
Cela vous fait pleurer quand quelqu’un vous demande si vous allez bien.
Cela rend la visite médicale de la médecine du travail particulière : une médecin se rend compte que vous n’allez pas bien. Elle souhaite vous arrêter sur le champ.
Mais se faire arrêter, c’est montrer aux autres, à ces chefaillons que vous êtes fragile et vous savez d’avance que cela empirera votre situation.
Alors, vous pensez à ce supérieur qui est de l’autre côté de la porte (le hasard fait qu’il est après vous dans l’ordre alphabétique du personnel de l’entreprise). Vous ravalez bravement vos larmes et dites, d’une toute petite voix : « cela va aller, je sais qu’il faut juste que je parte d’ici». La médecin du travail soupire, tamponne ses papiers… et vous salue en vous souhaitant de ne plus être là l’an prochain.
Quelques mois plus tard, vous démissionnez, partant parce que vous savez que votre santé mentale est en jeu. Vous fuyez  car vous savez que vous êtes prête à prendre n’importe quel travail plutôt que de passer un second hiver dans cette entreprise. Et vous évitez d’en savoir trop sur ce que deviennent vos anciens collègues, même si vous les aimiez bien.
556776527J’ai choisis de déguerpir sans me retourner. Un ancien collègue (moins infusé que moi) a attaqué (pour un autre motif, en 2002-2003 le harcèlement n’était pas reconnu comme aujourd’hui) et j’ai accepté de témoigner pour lui. En envoyant mon récit, j’ai causé du tort a mes anciens collègues, ces personnes que j’aimais bien et qui m’ont soutenues comme elles pouvaient tout comme je les soutenais comme je le pouvais.
Dans mon témoignage, j’avais pourtant écrit plusieurs fois qu’ils n’étaient absolument pas responsables de la situation. Mais en un an j’avais oublié la base du harcèlement : ils n’étaient pas responsables d’après mon témoignage certes… mais ils étaient responsable du fait que j’avais témoigné, puisque je l’avais fait… et surtout ils étaient responsable du fait que j’ai des choses à écrire dans mon témoignage. Les coupables ont mit leurs crimes sur le dos d’innocents.
Ce dernier paragraphe vous parait fou et incohérent ? C’est peut-être parce que vous n’avez pas vécu cette situation.
Le harcèlement moral que j’ai vécu était issu de 3 personnes face aux employés de l’entreprise, à des degrés divers, individuellement ou par service. Au fil du temps j’ai eu des nouvelles de certains de mes anciens collègues. La plupart ont eu de gros ennuis de santé (alcoolisme, dépression, crise cardiaque, etc.).
Quand j’entends parler du harcèlement sexuel en entreprise, j’ai l’impression que les ressorts sont très similaires. Sauf qu’il y a un.e agresseur et un.e agressé.e. Ce qui rend l’affaire encore plus complexe.

Revenons à ce sujet plus léger :
le harcèlement sexuel.

une_infographie_camembert-1-600x315Les mots tendancieux entendus dans cette entreprise ne me choquaient pas. Ils me paraissaient d’autant plus normaux que j’ai entendus ce genre de propos toute ma vie d’étudiante. Les métiers de la création artistiques sont censés être exercés par des gens ouverts d’esprit… qui donc parlent ouvertement de leurs conquêtes, leur pratiques sexuelles devant leurs collègues ou leurs employées sans imaginer une seconde qu’ils ou elles n’ont pas envie d’entendre. Un de mes collègues, quand j’étais étudiante en alternance, a obtenu le respect total de mon patron d’une façon surprenante : il a posé son pénis sur la vitre du nouveau copieur, a fait une photocopie et l’a affiché sur son panneau, juste derrière sa table à dessin, au vu de tous. Sur le moment j’ai trouvé cela moyen. Avec le recul lié aux 20 ans que j’ai pris depuis, je m’abstiendrai de tout commentaire.

J’ai eu un patron qui avait une femme et deux maîtresses. Il nous demandait d’avoir la gentillesse de noter ses messages personnels sur des post-it plutôt que de les écrire dans le cahier d’appel : son épouse passait de temps en temps et lisait le cahier. Ce monsieur n’a jamais eu un regard ou un geste déplacé.

06_entreprise_paradisJ’ai eu un patron qui prenait très au sérieux le comportement des personnes qui travaillait pour son entreprise… et n’aurait pas toléré un geste, un mot ou un regard inapproprié de qui que ce soit sur qui que ce soit. Il veillait et veille toujours sur ses employés de façon naturelle : les hommes bien existent, j’en ai rencontrés pas mal.

L’un dans l’autre, dans la vie courante, je n’ai pas eu de gros souci. Parce que pour moi, avec le recul, ce que j’ai vécu de plus désagréable, c’est ce qu’on appelle communément le harcèlement de la rue. C’est un très mauvais souvenir car c’était très courant… sauf que je ne savais pas quand cela allait me tomber dessus, ni jusqu’où le type irait avant que je m’en débarrasse.

Je n’ai jamais été agressée par une femme.

J’ai été étudiante sur Paris intra-muros pendant 5 ans. J’ai pris régulièrement les transports en commun, pendant 14 ans. Jeune adulte, il m’est arrivé de prendre le RER tard le soir. J’avais développé un mode opératoire : je prenais toujours dans le même wagon, celui où se trouvaient les autres personnes qui souhaitaient la tranquillité. Je cherchais du regard le monsieur le plus costaud, âgé et coloré possible (au moins la quarantaine apparente, l’âge m’était plus important que la couleur) et je m’asseyais à ses côtés. (Les rares fois où j’ai vu un homme intervenir pour protéger une femme d’un harcèlement quelconque, il était d’âge moyen et avait la peau foncée).
Souvent, l’homme que je choisissais me faisaient un petit signe de connivence.
Je pense que je n’étais pas la seule jeune femme à choisir un gars rassurant comme compagnon de voyage en île de France.

Cela fonctionnait : je n’ai jamais été abordée tard le soir dans une rame de RER… les harceleurs par contre était parfois sur le quai.

8081bd6cd89220ee77d9ecee934c731bJ’aimerais pouvoir en dire autant concernant les wagons aux heures de pointes. Je n’ai pas compté les hommes qui profitaient des wagons bondés pour me tâter les fesses, voire se frotter contre moi en regardant ailleurs… L’expérience venant, j’ai perfectionné une efficace technique de coup de coude/coup de talon synchronisés partant de façon innocente au premier cahot. Moi aussi je regardais ailleurs que vers mon agresseur : la honte ? La peur ?
Une fois un homme s’est mis entre moi et le harceleur, sans rien dire, avec un regard d’avertissement pour le gars. Une fois en 5 ans de transport en commun à l’heure de pointe au quotidien. Je l’ai remercié d’un sourire, mais je n’ai pas osé parler de ce qu’il avait vu ni de ce que représentait son geste pour moi. J’espère qu’il existe aujourd’hui de nombreux hommes comme celui-ci.

Un jour, je faisais la tournée des dépôts ventes. J’avais peut être 23 ans. Je sortais du dépôt quand un homme, blanc, la trentaine banale et mal rasé, m’a interpellée.

« Tu veux coucher avec moi ? »

rue sombreIl me regardait, sûr de lui, le sourire d’une oreille à l’autre. J’ai répondu « non merci » (vous noterez au passage la formule de politesse, réflexe conditionné). Je suis allée jusqu’à ma voiture, jambes tremblantes. J’ai fermé à clé, mit le contact et suis partie dans un autre magasin sur une autre commune.
Quand je suis sortie de ce second magasin, le type était là avec son grand sourire, au volant d’une petite voiture : « Tu sais » m’a-t-il lancé « je suis clean : je suis même d’accord pour mettre une capote ». J’ignore comment je suis arrivée à monter dans ma voiture. La nuit tombait, je vivais dans une zone isolée : impossible d’aller chez moi, le gars aurait pu rentrer et faire ce qu’il voulait. Ma petite voiture blanche m’a conduite au commissariat le plus proche. Gentiment, une femme flic m’a raccompagnée en me suivant en voiture jusqu’à ma porte. J’avais l’immatriculation du véhicule, je pouvais décrire la voiture et le gars. Mais je n’ai même pas eu l’idée de faire une main courante.

A côté de tout cela, le harcèlement de rue parait tellement banal/stupide/anodin.

affiche-harcelementIl y a dans le magazine Néon d’octobre un article édifiant : le journaliste s’essaie à « la drague de rue »… et choisi de suivre un pro de l’exercice… Aux Halles, le quartier où j’ai fait mes études. Je vois exactement l’endroit où ils se sont certainement posté… endroit que je contournais quand j’étais étudiante !
L’endroit était peuplé d’hommes qui s’imaginaient…
Mais que s’imaginaient-ils ?
main au culCroyaient-ils, réellement, sincèrement me faire plaisir en m’accostant dans la rue ?
Me flatter par leurs remarques ?
Me mettre de bonne humeur en me sifflant ?
Avoir une chance d’obtenir quoi que ce soit de moi en me mettant la main aux fesses quand je les croisais ?
Toutes ces situations étaient tellement courantes qu’en dehors des mains aux fesses (ou ailleurs) il était rare que je relève… en clair : c’était du quotidien.

Ce qui m’écœure le plus dans mon présent témoignage, ce n’est pas ce qu’il contient mais cette lâcheté que j’ai eu face à toutes ces situations : au mieux je prenais mes jambes à mon cou ou réussissait à tenir à distance un sale type par un coup discret. Jamais je ne me suis réellement défendue, confrontée à mon agresseur, lui causant au minimum une belle honte ou portant plainte. Certes c’est délicat quand on est seule face à une bande de garçon. Mais toutes les situations que j’ai vécues n’étaient pas face à une bande de pervers. La plupart des hommes étaient d’apparence tout à fait banale.

Aujourd’hui, j’ai quarante ans et je vis en province. Je prends peu les transports en communs.
Aujourd’hui, je peux compter les années qui me sépare de la dernière  fois où je me suis faite harcelée. Mais au vu des témoignages des jeunes femmes qui m’entoure… l’évolution n’est pas flagrante.
Aujourd’hui, j’ai des enfants, et j’aimerais que les mentalités évoluent.

A ce jour aucune femme que je connais m’a dit ‘je n’ai jamais été harcelée’… Sauf une lorsque j’ai écrit ceci sur le mur Facebook du blog 3 enfants en 3ans. Je lui ai demandé si elle est certaine de ne jamais s’être faite abordée de façon inappropriée par des inconnus dans la rue. J’éditerais cet article quand j’aurais sa réponse.

Alors je pense pouvoir écrire #moiaussi #metoo #bougetonporc

Et vous ?

PS : cet article a une seconde partie ici


[Edit : le sujet est devenu viral. petit à petit les camarades se racontent. ci dessous quelques liens si vous avez encore des doutes sur le fait que nous sommes toutes concernées.
Le premier est relativement soft, Maman BCBG explique surtout le cheminement, et a un recul que je lui envie.

Maman de plume se pose la question si « elle aussi ? ». Pour moi, pas de doute malheureusement.

Le d’une apprentie vegan en Bretgane : qui fait froid dans le dos et pourtant qui parait tellement anodin

Moins soft, Colombes Mum fait un inventaire à la Prévert, bien plus violent qu’il n’y parait.

Cet article de allonscontre fait l’inventaire des réactions aux différents témoignages… et il fait un peu peur car il montre bien à quel point il semble impossible de faire bouger les mentalités

Le témoignage de Bulle d’une mum est poignant.

Enfin, Redredwineee nous fait carrément basculer dans l’horreur (surtout si l’on suit le lien en début d’article)

(Si vous avez écrit un article sur le même tête, vous pouvez me mettre le lien en commentaire ou me l’envoyer en MP pour que je poursuive cette immonde liste)

34 commentaires sur “Le harcèlement .

    1. Quelque part, tant que rien ne pénètre sans ton accord dans l’un de tes « trous » (pardon pour le terme), je pense qu’on ne peut pas parler de « viol ».
      Toutes les agressions ne sont pas des viols, (encore heureux, ai je envie d’ajouter)

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  1. Bel article , très utile. Malheureusement, on a toutes vécues une situation harcelante. Moi la première, j’avais 8 ans, j’étais en cours de solfège avec un prof alcoolique et lubrique clairement. J’avais une salopette marron en velours de la marque cimarron que j’adorais porter. Un jour il a dégrafé mes attaches de salopette pour qu’elle tombe. Je les mettais, il les enlevait… Devant les deux autres personnes du cours de solfège hilares et adultes… Traumatisant. Je n’ai plus jamais remis cette salopette pour ce cours et clairement, j’ai commencé à être dégouté de la musique.

    Aimé par 1 personne

    1. Ton anecdote est intéressante : quelqu’un d’autre que cet homme aurait fait la même chose, tu aurais presque pu prendre cela pour un jeu (pas marrant certes).
      Ce qui a rendu l’expérience terrible et t’a marquée à vie c’est le regard de cet homme, plus que son geste encore je pense, et la réaction des deux autres est totalement inacceptable…. A moins que cela n’ait été deux autres enfants ne sachant pas vraiment comment réagir ?

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  2. Arf… tout ce que tu racontes est à la fois horrible et… tristement « banal » (je ne parle pas de la qualité de ton texte hein, tu t’en doutes bien !)… c’est affreux de se dire que toutes, nous avons une ou plusieurs histoire de ce type à raconter.

    Mais surtout ne culpabilise pas de n’avoir pas « réagi » comme tu dis. Tu as fait sur le moment ce qui te semblait être la meilleure chose à faire pour ta sécurité… ce sont des réflexes de survie, on ne les choisi pas, même si après on regrette de ne pas avoir fait, de ne pas avoir dit…

    En parler aujourd’hui participe à la prise de conscience qu’il faut avoir collectivement… non ce n’est pas normal !!
    Alors merci pour cet article.

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      1. Purée, je viens de lire l’article 2 ans de quatre enfants… je crois que je n’ai jamais fait d’article en 45 minutes. le plus rapide je l’ai écrit en 1h30 (photos comprises)
        Je suis définitivement trop maniaque sur mes textes :p

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      2. Ahahahaa rassures toi, mais je suis encore plus longue ! Bon tu me diras, je dois aussi faire le dessin, ça ne raccourcit pas les délais mais… mon texte de lundi j’ai du l’écrire en 3 ou 4 heures… avec la relecture, et le dessin, ça me fait un bon 5 ou 6 heures je pense (mais il était très long et moi pas particulièrement inspirée 🙂 )

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  3. Ton article est édifiant, mais tellement vrai…Je vois tourner ce hashtag depuis quelques jours, je me suis dit quelques temps « j’ai la chance de ne pas avoir de « porc », et puis…et puis c’est faux, non je n’ai pas eu un porc identifié, mais des centaines de porcs aux commentaires déplacés, aux gestes douteux, aux regards lubriques. Des situations qui deviennent au final si banales qu’on ne les note même plus comme des agressions, juste comme une gêne, un mauvais moment à passer, et ce n’en est que plus terrible…

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    1. C’est pour cela que je finis sur ceux là : ils n’ont pas de nom, pas de date, mais ils sont des centaines.
      On en a toutes croisé, tellement souvent qu’on fini par trouver cela ‘normal’, changer notre façon de s’habiller ou de se déplacer.

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  4. Je rejoins Picou, je n’ai pas non plus de situation précise en tête, pas d’expérience vraiment traumatisante comme j’ai pu en lire. (bon si on excepte le mec qui m’a proposé par mail un plan à quatre 3 semaines après mon arrivée en stage de fin d’étude… mais après mon refus il a tout fait pour m’éviter ! J’en avais parlé a mes 2 collègues qui ont elles aussi fait en sorte que je n’ai plus à le croiser et au final j’ai l’impression qu’il a été aussi gêné que moi ).
    Mais finalement c’est ça le pire: toutes ces situations du quotidien auxquelles ont ne fait même plus attention tellement elles sont banales…

    Aimé par 1 personne

  5. Malheureusement, je ne peux que rejoindre le groupe…
    Dans différentes situations, de différentes manières…
    J’ai aussi connu les transports en commun parisiens, la banlieue tard le soir, les halls d’immeuble, pendant trois ans. Trois longues années… Plus jamais !
    Malheureusement ça ne s’arrête pas là, trop facile.
    Le dernier en date, un collègue. Un bon collègue, qui a certainement cru à une ouverture sans aucun signe de ma part 😉
    Il m’a touché les fesses à deux reprises. Une fois dans le couloir du lycée. Sur le coup j’étais tellement choquée que je n’ai ni bougé, ni crié, ni rien du tout…
    Quelques jours plus tard, il a recommencé dans les toilettes. Nous étions seuls, isolé et là j’ai eu peur. Je lui ai demandé d’arrêter en restant polie et aimable. En sortant j’ai décidé d’en parler à d’autres collègues masculins également, c’est important. Ils ont été choqués et ont pris la situation très au sérieux. Puis un peu plus tard, nous montions dans les étages et un collègue derrière moi a dit haut et fort « Hey, tu pourrais faire un effort, avec ton sac à dos, je ne peux pas te toucher ton petit cul quand tu montes les escaliers ». Nous avons rigolé, comme d’hab. Mais dans le tas il y en a un qui a rigolé jaune et qui a parfaitement compris que la remarque était détournée et destinée à lui plutôt qu’à moi.
    Pendant quelques temps, il a pris un peu ses distances, je lui ai présenté mon homme 😉 à qui j’ai tout dit aussi et depuis nous avons repris une relation pleinement amicale. Il me soutient en cas de coup dur, nous pouvons nous parler franchement, mais j’avoue garder toujours à l’esprit ce qu’il a fait…
    Courage à toutes ses femmes. Ne restez pas ou le moins possible dans le silence !

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  6. Et oui moi aussi.. Je ne dirai pas que je balance mon porc d’ailleurs mais plutôt mes porcs.. il y en a tellement quand je prends la peine d’y penser!!
    Du prof de collège qui te faisait monter sur ta chaise quand tu portais une jupe et te faisais tourner sur toi-même pour soi-disant te « complimenter », en passant par le harceleur de rue, et puis cet homme qui t’a suivi, sorti de nulle part,quand tu rentres seule le soir à ton studio d’étudiante, et qui se colle à toi et insiste pour rentrer chez toi, tout en te demandant des obscénités… C’est fou quand j’y pense le nombre de harcèlements dont on est victime en tant que femme..
    Aujourd’hui je ne peux que me sentir concernée par le sujet et me battre pour que ces comportements ne soient plus acceptés par notre société!

    Aimé par 2 people

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